AGROALIMENTAIRE : LA SUPPLY CHAIN S’ADAPTE

La pandémie a bouleversé les modes de consommation alimentaires : moins de restaurants, plus de cuisine ou de livraisons de plats cuisinés à la maison, plus de bio, plus de local et de petites surfaces de proximité, d’e-commerce … Comment les Supply Chains agroalimentaires se sont-elles adaptées à cette nouvelle donne ? L’Enquête qu’a consacrée Supply Chain Magazine en avril à ce thème et à laquelle Gil Yaniv, Associé de DIAGMA, a pu collaborer apporte des éléments de réponse sur divers axes.

Supply Chain agroalimentaire, un besoin de réactivité et d’agilité  

Si le secteur agroalimentaire dans sa globalité n’a pas été de ceux qui ont le plus souffert de la crise sanitaire, il a été fortement chamboulé. « Les ventes en GMS ont connu globalement une forte croissance. De même, les spécialistes alimentaires (comme Biocoop, Picard, Thiriet …) ont fait +16% de croissance en un an tandis que la restauration hors foyer plongeait de 31% sur la même période, selon l’Institut du Commerce« , expose Gil Yaniv, Associé de DIAGMA. Il ajoute que certains acteurs de la boisson (exemples : Coca Cola, Danone, les brasseurs) ont vu fondre leur rentabilité avec l’érosion de la restauration hors foyer. Le transfert de volumes qui s’est effectué de la RHD à la GMS a posé de gros soucis à certains. « Il a été compliqué de faire des prévisions de ventes, reprend-il. Mais la crise sanitaire a renforcé le besoin d’être plus agile et réactif, et donc d’avoir les bons outils, comme les APS (Advanced Planning System) ou les outils comme Board/Anaplan. Il faut en effet, à travers le processus S&OP (Sales & Operations Planning) pouvoir freiner ou accélérer la production, les approvisionnements de matières premières et d’emballages … en fonction des fermetures et de la demande ».

Une forte poussée du e-commerce pour les industriels et les distributeurs 

L’e-commerce agroalimentaire a aussi connu une percée fulgurante, de l’ordre de 50% en un an. « Cette tendance a touché tous les distributeurs qui ont mis en place des drives, du click and collect, des livraisons à domicile … mais aussi les industriels qui se sont lancés dans le Direct to Consumer (D2C) », souligne Gil Yaniv. Evidemment, cela ne va pas de soi pour tous les produits agroalimentaires, à commencer par les produits frais, mais certains industriels ont développé leur activité de vente en ligne. Plusieurs industriels comme Danone avec « Evian chez vous », qui vise à livrer des packs d’eau à domicile, proposent ce type de service depuis plusieurs années. Cela est particulièrement intéressant pour les industriels qui ont des produits fortement valorisés (€/kg élevé) car dans ce cas, le ratio coût logistique / CA est plus faible. Par exemple, les Café Hilli ou Kusmi Tea réfléchissent à ce mode de mise à disposition de leurs produits. « Ce sont des réflexions qui existent depuis plus de 5 ans, mais elles se sont développées dernièrement« , indique Gil Yaniv. Un certain nombre d’industriels développent le D2C en tirant profit d’autres avantages du e-commerce, comme la possibilité de personnaliser les produits par exemple.

Le développement du Bio et des circuits courts

Autre tendance observée par Gil Yaniv : le développement du bio et des circuits courts. « Les gros industriels s’y mettent. A titre d’exemple, on peut citer Danone avec des yaourts « Les 2 vaches » vendus en vrac, ou Blédina qui investit 20 M€ pour développer du lait infantile Bio ou encore Nestlé avec ses Chocapic Bio« , illustre Gil Yaniv. Ainsi les industriels complètent leur gamme de produits et les grandes marques se mettent au goût du jour en proposant des produits plus locaux et bio.  Mais cela ne va pas sans créer des difficultés : que faire des poches de 5 litres une fois vides ? Certaines fermes découvrent un nouveau métier comme celui de la vente directe en laisser sur place, sur les marché ou via des magasins mutualisés. D’autres viennent grossir le rang des références de produits locaux de la GMS. Tout cela nécessite des remises en cause et un apprentissage.

Des emballages plus « planet friendly »

Des actions sont aussi menées dans la Supply Chain agroalimentaire au niveau des emballages pour les rendre plus facile à recycler (moins de plastique), moins gourmands en matière, plus légers, moins chers … Le but étant de trouver des solutions « win-win » pour les fabricants et la planète.

Et les logisticiens dans tout cela ?

Il faut reconnaître que la France n’a pas manqué de produits alimentaires et que si quelques rayons ont pu ponctuellement être vides par rapport à des pics de consommation, des produits de substitution ont permis de tenir le temps de rétablir les circuits d’approvisionnement. « Les logisticiens sont habitués à gérer des variations de flux. La flexibilité de la logistique est un point fort qui a permis de bien passer la crise. Une fois passées les premières semaines de confinement, les Supply Chains agroalimentaires se sont bien adaptées, sauf celles qui dépendaient trop fortement de la restauration hors foyer« , constate Gil Yaniv.

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