ENQUETE : LA SUPPLY CHAIN DES VACCINS

Dans son édition de mars, Supply Chain Magazine consacre son ENQUETE à la Supply Chain des vaccins. Un article très intéressant auquel Elisabeth Auzanneau, Associée et Régis O’Mahony, Senior Manager & Directeur Rhône-Alpes de DIAGMA ont pu apporter leur contribution.

La Supply Chain des vaccins est soumise à de très forts aléas de fabrication

Dans la Supply Chai des vaccins, la production est une étape clef. « Les rendements de fabrication des vaccins peuvent être altérés du fait de la plus grande complexité à stabiliser et à maîtriser des processus qui s’appuient sur des produits vivants, plutôt que sur des produits chimiques. Au-delà des questions d’arbitrage et d’allocation, cette incertitude liée aux aléas de production peut donc expliquer en partie les phénomènes de pénurie auxquels nous assistons avec ces vaccins », souligne Elisabeth Auzanneau, Associée chez DIAGMA.

Une autre spécificité notable de la Supply Chain des vaccins

A propos de libération, Régis O’Mahony, Senior Manager, Directeur Rhône-Alpes chez DIAGMA, indique une autre différence entre un vaccin et un médicament : « Pour un médicament, hors vaccin, la libération du lot avant commercialisation est validée par un pharmacien responsable. Pour un vaccin, cela est également le cas, mais requiert aussi en Europe le contrôle et la validation d’une autorité nationale indépendante (en France ANSM – agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), ce qui peut contribuer à allonger les délais ».

Régis O'Mahony, Senior Maanager DIAGMA interviwé dans l'ENQUETE Santé de Supply Chain Magazine sur la Supply Chain des vaccins

Une accélération sans précédent de la mise sur le marché des vaccins

Les derniers mois ont déjà donné un avant-goût des possibilités en matière de réduction des lead time. « Il y a eu une accélération sans précédent de la mise sur le marché des vaccins contre la Covid-19 liée à la multiplication des candidats, à la priorisation extrême des différents contributeurs, et à la parallélisation des opérations. L’élément le plus marquant est le démarrage des productions avant même l’obtention des autorisations de mise sur le marché. Précédemment, une initiative aussi risquée n’aurait pas été prise, surtout dans un contexte capacitaire limité. Le sentiment d’urgence a été partagé par tous et l’ensemble des forces (laboratoires, autorités gouvernementales, distributeurs, …) se sont mobilisées », observe Régis O’Mahony, Senior Manager, Directeur Rhône-Alpes chez DIAGMA.

De nouveaux schémas pour raccourcir durablement le time to market

Elisabeth Auzanneau évoque également un bouleversement des équilibres entre les acteurs et des modèles : « A l’occasion de cette crise, de nouveaux acteurs ont fait leur entrée sur ce marché des vaccins comme AstraZeneca. De nouvelles technologies ont également émergé à cette occasion, avec l’ARN messager en particulier. Par ailleurs, nous avons assisté à la création d’alliances entre acteurs pour la R&D (Pfizer et BioNTech, AstraZenzca et Oxford…) ou même pour garantir les capacités de production (Pfizer-BioNTech et Sanofi) au-delà du recours classique aux façonniers / CDMO (Pfizer-BioNTech et Delpharm, Moderna et Recipharm…). Cette tendance a été nettement accélérée au cours des derniers mois et a vocation, selon moi, à se pérenniser face au risque de pandémies futures. Les retours d’expérience devraient contribuer à standardiser ces schémas de crise permettant de raccourcir le time to market, pour répondre aux enjeux mondiaux d’immunisation induits par une pandémie ».

Elisabeth Auzanneau, Associée de DIAGMA citée dans l'ENQUETE Santé de Supply Chain Magazine sur la Supply Chain des vacins

Et si on envisageait un S&OP mondial ?

Le cabinet DIAGMA pousse la réflexion un cran plus loin jusqu’à envisager un S&OP mondial pour faire face à ce genre de crise. « Même si cela peut sembler utopique, pourquoi ne pas imaginer, pour les futures pandémies, la mise en place d’un S&OP au niveau mondial s’appuyant sur une gouvernance elle-même mondiale avec par exemple un renforcement du rôle de l’OMS ou des comités scientifiques. Outre les synergies en matière de R&D, il permettrait de mieux appréhender les besoins des différents pays (quel pays, combien de personnes, nombre de vaccinations par personne, plan de vaccination, disponibilité des produits), de s’assurer des capacités (de production, des fournisseurs…), de la disponibilité et de la définition des moyens de distribution et d’appréhender au mieux les questions d’arbitrage », projette Elisabeth Auzanneau.

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